La Longue Mars de Terry Pratchett et Stephen Baxter ***


Blog littéraire / mercredi 10 avril 2019

« Si vous voulez être écrivain, vous devez privilégier deux choses : lire beaucoup et écrire beaucoup », nous dit Stephen King. Un conseil que je m’attelle à suivre autant que possible. J’ouvre ainsi une nouvelle rubrique sur mon site afin de faire part de mes lectures et des aspects qui nourrissent mon propre travail d’autrice. J’inaugure la section avec La Longue Mars de Terry Pratchett et Stephen Baxter.

Résumé

La Longue Mars est le troisième opus de la série de science-fiction, débutée par La Longue Terre, dans laquelle on suit pléthore de personnages, face à une découverte qui bouleverse l’humanité à jamais : il existe une multitude d’univers parallèles à la Terre, vierges et dépourvus d’humains, où il est possible de se rendre, muni d’un simple boitier réalisable par n’importe quel écolier.

Le premier tome explore la première expédition à travers cette « longue terre », tandis que le deuxième tome, La Longue Guerre, relate les tensions entre la Terre d’origine et les colonies qui se développent à travers tous les mondes parallèles.

Quant au troisième tome, La Longue Mars, nous suivons, en plus d’une expédition dans les confins de la longue terre, une tentative pour découvrir les mondes parallèles de la planète mars.

Ce que je retiens du roman

Je suis toujours admirative des histoires capables de captiver le lecteur à partir d’une intrigue peu développée. En tant qu’autrice, j’ai souvent l’angoisse que le lecteur ne soit pas assez intéressé par mon histoire. La série La Longue Terre prouve qu’il est possible de laisser la place à de nombreux passages relativement descriptifs consacrés aux expéditions dans les mondes parallèles : le détail de la faune et de la végétation des différents mondes, de la géographie qui varie d’une version à l’autre, des mondes « joker » au développement atypique, de l’augmentation de l’étrangeté des écosystèmes au fur et à mesure qu’on s’éloigne de la Terre d’origine en sautant de monde en monde. La preuve qu’un univers original et bien développé peut à lui seul exercer une forte attraction sur le lecteur. Les expéditions allant toujours plus loin à chaque tome, l’envie d’en apprendre toujours plus sur cette « longue terre » pousse à se précipiter sur le tome suivant.

Autre point qui me parait intéressant, les auteurs s’attachent à nous montrer, de façon pertinente, les conséquences sur l’humanité d’une telle découverte : la naissance de nouveaux espoirs, de nouveaux conflits, de nouvelles possibilités. Une façon de traiter de façon ludique des travers de nos sociétés.

Ce qui me parait moins réussi

L’implication du lecteur me parait limitée. D’une part, l’intrigue principale reste faible, rongée de toute part par les nombreux chapitres dédiés à l’exploration. La Longue Mars est le tome qui souffre le plus de parti pris puisqu’on suit deux expéditions : celle sur la Terre et celle sur Mars, ce qui laisse peu de place à l’action. Il faut attendre la fin de chacune d’entre elles pour découvrir un rebondissement ou plutôt l’éclaircissement de certains mystères.

D’autre part, le lecteur est amené à suivre le point de vue de nombreux personnages. En passant trop peu de temps avec chacun des protagonistes, il lui devient difficile de s’immerger émotionnellement dans l’histoire, puisqu’il manque cruellement de temps pour s’attacher à tel ou tel regard.


Vais-je me précipiter sur le quatrième tome, La Longue Utopie ? Peu de chance, car ma « pile à lire » est longue. Cependant, je compte bien terminer la série afin de découvrir jusqu’où les auteurs ont poussé leur concept.

Emilie Bottini

Romancière et scénariste s'inspirant des légendes et mythes anciens, elle est l'autrice des Chroniques d'Insularis, un roman interactif de fantasy, et de Braconnages, une novella fantastique à paraître en 2019.
Emilie Bottini